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Quand un court métrage flirte avec les grandes réalisations

30 minutes, 100 000 visions en un week-end, 27 000 $ de budget et  21 jours de tournage, Batman : « City of scars » a réussi à placer la barre haute pour un fan movie.

Batman : « City of scars » n’est en rien un court métrage amateur mais plutôt une réalisation professionnelle à moindre frais.  En effet, le fan movie a couté 27 000$ et s’est étendu sur 21 jours de tournage.  Une somme et un laps de temps bien rondelet pour un film considéré d’amateur sur la toile Internet.  Cette histoire alternative est produite par Bat in the Sun Productions fondé par Aaron Schoenke et Sean Schoenke connus dans les milieux publicitaires ou les clips vidéos. Père et fils Schoenke n’ont nullement à rougir face aux grandes productions hollywoodiennes.  Ils peuvent à eux deux apprendre une valeur importante dans le cinéma : Mettre du coeur.

De manière plus concrète, le court métrage propose des inégalités en terme d’action ou de narration.  La rencontre entre Batman et Harley (femme du Joker ?) est assez mal jouée par exemple.  Certaines scènes manquent de crédibilité mais le fil narratif n’est jamais coupé.  Malgré les défauts, certaines scènes sont magnifiquement jouées.  La séquence où le Joker prépare son matériel en se parlant à lui-même permet de dégager un malaise autour de la folie de ce personnage.  Evidemment, le Joker de Nolan joué par Heat Ledger dans « Dark Night » est impossible à égaler mais la crédibilité de l’acteur n’est jamais remise en cause.

Le synopsis recentre le chevalier noir dans les racines qui ont fait de lieu ce qu’il est : la mort de ses parents.  Ce court métrage commence avec la fuite du célèbre Joker de l’établissement hospitalier « Arkham Asylum ».  Le fuyard va assassiner les parents d’un jeune garçon et le prendre comme prisonnier pour lui faire sévir d’horribles souffrances.  Batman va se souvenir de son calvaire qu’il connu dans son enfance avec le décès parental.  le justicier va donc perdre ces moyens et entrer dans une rage sans précédent.

« Born to free » ou l’existence humaine est dénuée de signification

Après le groupe Justice, le frenchy Romain Gavras revient tourner un court métrage pour la chanteuse M.I.A.  Arrêt sur image sur cette fresque de 9 minutes.


Deux années se sont écoulées depuis la polémique engendrée par le clip du groupe Justice : « Stress ».  Le jeune réalisateur Romain Gavras revient une nouvelle fois avec un court-métrage mordant, décriant et violent autour du fascisme.  Provocateur, aimant donner un bon coup de pieds dans la ruche du bon goût, Gavras a mis sa créativité ou son mauvais goût (au choix) au service de la chanteuse M.I.A. pour le premier single « Born To Free » de son dernier album.

Ce clip vidéo a suscité beaucoup de réactions sur la toile Internet.  You Tube a même décidé de retirer le clip temporairement à cause de la violence et de l’émoi que celui a provoqué.  « Born To Free » est étroitement lié au clip du groupe Justice : révolution, groupe d’ados, injustice, violence gratuite, péripétie urbaine,…  L’idée (in)consciente de créer un diptyque était-elle voulue ?  Gavras jouera-t-il sur la mode de la trilogie avec son futur clip vidéo ?  Une oeuvre cinéaste au goût de sage ou bien est-ce seulement un jeune réalisateur qui a compris que la provocation permet le buzz sur Internet ?

« Born To Free » est avant tout une fiction narrative qui met au premier plan l’histoire et au second plan l’interprète musical.  La musique sert donc d’arrière plan et est au service de l’action.  Intimement lié, le son et l’image jouent au service de la narration.  Une nouvelle fois, Romain Gavras prend le parti de l’Autorité.  Le réalisateur nous plonge dans les yeux de ceux qui veulent faire régner l’Ordre.  La narration se terminera en une rafle et jeu sadique entre les résistants et le commando autoritaire.

Si je parle de ce clip vidéo, c’est avant tout pour souligner la qualité du film en terme de plan.  Les scènes s’enchaînent et restent cohérentes de bout en bout.  L’émotion est palpable.  L’avenir du court-métrage est en marche.  Ce clip reste pour ma part une source d’inspiration indéniable pour l’humble photographe que je suis.

En attendant, Romain Gavras a su se faire une place dans la vague de la nouvelle génération des réalisateurs qui ont des choses à dire.  Il a su imposer un univers dérangeant et utiliser les clips vidéos pour faire parler de lui en attendant son prochain road-movie  » Notre jour viendra » avec Vincent Cassel en septembre 2010.