Diane Arbus

Pour Diane Arbus, le sujet de la photo est plus important que la photo elle-même.

Lady bartender at home with a souvenir dog, New Orleans, 1964

Les photographes sont des observateurs. Certains sont mystérieux. Ce qui n’est pas le cas de Diane Arbus qui livre, dans ses écrits et carnets, tout ce qui lui vient à la tête.

En 1961, Diane Arbus déclare : « Le monde est plein de personnages de fiction à la recherche de leur histoire. »

Cette artiste aime les paradoxes. Elle met en scène le jardin d’Eden où c’est le serpent qui succombe à la tentation par exemple. Elle est attirée par les excentriques, le siamois, les jumeaux, les fêtes foraines avec leurs tentes des horreurs, nudistes, enfants de familles riches ou aveugles pour ne citer qu’eux.

Identical twins, Roselle, N.J., 1967

Ses carnets sont fortement liés à ses créations photographiques. Elle fait énormément de listes. Ses carnets sont une multitude de listes de gens à voir, de projets à réaliser. Diane Arbus pense avec des ensembles  et par séries. « Sans liste raisonnable, on ne sait ni quoi ni où photographier. », disait-elle.

La toile de fond de son oeuvre a toujours guidé ses pas que ce soit pour son travail personnel, des contrats avec des magazines ou l’acquisition d’une bourse. Cette toile de fond directrice peut être résumée en ces mots : « Le cours de la vie humaine vers un avenir souvent imprévisible. »

Beaucoup de ses photographies présentent des exemples où les acteurs mis en scène ne choisissent pas leur destinée. En 1961, elle prend en photo des frères siamois morts dans un bocal sous une tente de forains dans le New Jersey. C’est un exemple type de personnages qui n’ont pas choisi leur destin.

Diane Arbus a été fort influencée par Lisette Model qui lui apprend : « Plus on est particulier, plus on est universel. » Ces termes photographiques ont marqué les choix de Diane pour le restant de ses jours.

Two friends at home, NYC, 1965

Diane sait que réussir de bonnes photographies n’est pas une question de technique. Il faut avoir le bon réflexe au bon moment et cela n’est pas donné à tout le monde. Elle disait à qui veut l’entendre : « Rien n’est jamais comme on a dit que c’était. » Elle part du principe qu’il existe des gens qui sont allés au-delà des limites mais qui ont survécu, et leurs portraits nous aident à retracer par où ils étaient passés. Les portraits de Diane sont ceux de gens qui lui rappellent sa propre expérience.

Elle se suicidera en 1971 aux médicaments suite à une forte dépression.

Concept artistique

Diane Arbus est connue pour les photographies montrant des gens étranges, des monstres de cirque ou des siamois tout en présentant un naturel déconcertant. Ses portraits de New-Yorkais, dans la rue ou posés dans un salon bourgeois, ne sont pas non plus dépourvus d’interrogations.  C’est aussi cela la force qu’a Diane dans sa conception photographique.

Vers la fin de sa vie, elle sera en recherche de vérité photographique.  Faire tomber les masques que la photographie apporte en photographiant des aliénés ou des aveugles qui ne se rendent pas compte de l’image qu’ils renvoient par exemple.  Une semaine avant son suicide, elle participe au pic-nique de la Fédération des Handicapés. Elle sait que ses sujets n’ont aucune idée de ce qu’ils font, de comment ils sont vus. Déguisés, masqués, ils n’ont rien à voir avec le regard du photographe sur eux.

En parcourant son oeuvre, on peut remarquer que Diane Arbus aimait les nudistes.  Des hommes et des femmes faisant des gestes quotidiens sans être cachés par leurs vêtements.  Peut-on faire un parallélisme avec une certaine quête de vérité photographique énoncée plus haut ?

Diane Arbus - Autoportrait

La photographie moderne est-elle une utopie ?

Lorsque le talent d’un photographe est évalué en fonction du prix de ses tirages, c’est le principe même de l’utopie photographique qui est remis en cause.

Entre amalgames, argentique, vidéo et argent, où est la véritable essence de la photographie dans tout cela ?  Toute la question est là !

La lecture du bloc-notes de Jean-Christophe Béchet, rédacteur du magazine « Réponses Photo », est devenu un moment que je savoure chaque mois à la même date. Photographe et journaliste, Jean-Christophe sait poser un regard sur les enjeux photographiques et le monde artistique qui l’entoure. Il partage ses observations mensuelles à la page 148 de « Réponses Photo ». Un régal !

Jean-Christophe Béchet pose un regard caustique, nostalgique, humain mais en phase avec la réalité de la photographie aujourd’hui.

La photographie dépassée sans la vidéo ?

Un politicien français a déclaré en juin 2010 : « Vous êtes encore à l’argentique. Passez à la vidéo ! » Jean-Christophe est parti de cette phrase pour étayer une évidence encore inconsciente : la modernité incarne la vidéo et non la photographie numérique. Non pas que la photo pixelisée soit devenue ringarde mais l’avenir semble être dans la vidéo. Enfin c’est ce que les grandes industries et leurs services marketing ont réussi à installer dans nos inconscients.

« … Bientôt ce ne sera plus seulement les photographes argentiques qui seront désignés comme rétrogrades, mais aussi tous ceux qui ne seront pas passés à la vidéo… » Et l’essence de la photographie dans tout cela ?

Lorsque le talent ne provient plus de l’artiste mais de celui qui a le plus gros cachet

Jean-Christophe Béchet met le doigt sur une évidence : l’évaluation du talent d’un photographe est synonyme de salaire. Il fait une similitude entre l’état du football et la photographie contemporaine. Cette même photographie devenue privée, ces images privatisées et publicitaires. Où est passé le panache, la passion qui ne parle pas d’argent ?

Le mercato des photographes

Le microcosme de la Photographie (avec  un grand P) est devenu affolant. Là où dans les sphères des « Artistes » et riches collectionneurs, on évalue le talent au prix des tirages, là où le photographe doit se faire sélectionné par un curateur, là où il faut une préface écrite d’un personnage reconnu. Et la photographie dans tout cela ?

Jean-Christophe Béchet porte un regard sur les règles régies par le marché comme des recruteurs dans les écoles football du tiers monde. Les agents organisent les transferts, ventes aux enchères, achats, alimentation du buzz autour du poulain pour faire augmenter les prix.

Les prix indécents

La photo d’art dépasse des sommes astronomiques. L’indécence qui se résume au montant du chèque. Les millions de dollars qui vont aux marchands et aux ayant droits car les photographies qui se vendent les plus chers appartiennent à des gens morts. De plus les courants et les tendances sont choisies dans l’ombre à l’abri des regards.

Et les photographes utopistes tels que moi, où se situent-ils dans tout cela ?

Le photojournalisme de demain

2010 est l’année de la remise en question du photojournalisme tel que nous le connaissons. Etre photojournaliste c’est capter la lumière de la vérité semble-t-il.

« La mort du journalisme est mauvais pour la société, mais nous nous porterons mieux avec moins photojournalisme… Nous avons créé une industrie où la photographie est devenue une chasse. Nous avons créé une industrie du concours qui renforcent une vision hyperdramatique du monde.  L’exagération de cette vision est un facteur de vente… Je ne m’inquiète pas vraiment sur l’avenir du photojournalisme. L’âme de celui-ci a été pourri pendant un certain temps. » – Chris Anderson (Magnum)

C’est dans l’air du temps et les voix silencieuses se font de plus en plus entendre :  » 2010 est l’année de la remise en question du photojournalisme et de la presse papier ». Le constat est alarmant tant les difficultés pour la presse papier et les photojournalistes qui peinent à survivre et à financer leurs projets sont bien présentes. Ces acteurs de l’image cherchent à se réinventer. L’évolution est en marche et il convient que le modèle traditionnel est en perdition. Certains crieront : « A la mort ! », d’autres verront qu’ils convient d’évoluer dans ce monde numérique. Les acteurs ont changé, les moyens de diffusion ont changé, le traitement a évolué tout autant et la relation à l’image également.

Le support papier souffre

Cela n’est pas un secret pour personne, le support papier souffle ses dernières bougies. Les lecteurs d’hier ne sont plus les lecteurs d’aujourd’hui. Les habitudes ont changé et la relation au média également. L’arrivée d’Internet a aidé à la multiplication de l’information gratuite au détriment du support journalistique. Tout comme la photographie, le support pellicule est devenu minoritaire face au support numérique facile et immatériel.

Internet a favorisé la diffusion de l’information et le monopole de la presse a disparu avec cette révolution informatique. Les modèles d’information ne s’appliquent donc plus à l’époque actuelle. Un modèle « post journalistique » est de mise. Cela n’est en rien une mauvaise chose tout comme l’ère post industrielle a remplacé l’ère industrielle.

Le modèle économique publicitaire a changé également. Grosse source de revenu au cours du 20ème siècle, il n’en est plus au cours du 21ème siècle. La publicité préfère internet pour cibler son public, créer des ponts avec les consommateurs de manière directe. La situation actuelle est encore une fois un manque de clairvoyance des éditeurs qui n’ont peut-être pas accepté cette mutation.

Constat sur le photojournalisme

Tout comme les support papier, le monde photographique peine à évoluer bien qu’une certaine mutation commence doucement. L’évolution des marchés européens et américains vers une vision industrielle a été entamée avec l’arrivé des supports numériques. Le rôle de la presse et de ces nouvelles opportunités offertes par le numérique ont attiré de nombreux investisseurs qui ont vu un réel potentiel de monétisation de l’image et de la photographie. Je ne rentrerai pas dans les détails de cette évolution mais vous avez compris le principe.

Pour plus de renseignements, je vous invite à lire ce magazine de 56 pages sur l’avenir du photojournalisme. Les enjeux, les prémices et des solutions sont proposées. Incontournable pour ceux qui s’intéressent de près ou du long au journalisme et au métier de photographe. Ce magazine est réalisé par Gerald Holubowicz qui est un photographe français basé à N-Y.

(Cliquez sur la fenêtre ci-dessous pour faire apparaître le magazine en grand).

Organiser ses productions avec Lightroom

Si organiser un flux de production en photographie numérique est un concept barbare, tu es au bon endroit !

Je suis allé au Musée de la Photographie récemment et j’ai pu observer le travail remarquable de nombreux photographes modernes. Avant d’arriver à cette étape ultime, la route est longue de la prise de vue à la diffusion de son travail photographique. Les étapes à franchir demandent une certaine organisation.

Entre prise de vue, transfert de carte, organisation, développement et diffusion, le chemin est sinueux et rempli de multiples décisions qu’un novice n’appréhende pas au premier abord.

Une bonne introduction à Lightroom

Pour cet article, je n’ai pas la prétention d’expliquer tout cela car je ne maîtrise pas encore tout le cheminement mais j’ai découvert un site photographique qui servira de bonne introduction à ces concepts de production.

Le site que je vous présente est réalisé par un animateur toulousain dont le pseudonyme virtuel est Pyrros. Dans son article, il explique de manière simple les étapes essentielles du flux de production.  Ces différents contrendus ne sont pas exhaustifs mais permettront une approche de départ à tous les photographes débutants.

Lien des articles sur le flux de production avec le logiciel photographique « Lightroom« .

Pour compléter ces informations, le photographe américain Chase Jarvis présente en vidéo son « Worflow ». Pour les anglophones uniquement.

Takuma Nakahira

Un essayiste et critique de photographie, un militant politique, un artiste qui parlait trop, un homme qui a perdu sa mémoire, un photographe qui a oublié sa langue maternelle, une légende …

Takuma Nakahira reproche au documentaire photographique d’être trop descriptif. Lui préfère créer, fabriquer des atmosphères d’apocalypse. Disciple du photographe Tomatsu Shomei, Nakahira aime déclencher en pleine lumière pour en tirer des effets. Il développe une vision de la fin de monde très fine et très pointue. C’est un créateur et un manipulateur au niveau des effets. Takuma pouvait envisager une autre version du monde, un autre état des choses grâce à ses manipulations. Il développera une vision d’abandon.

Il abandonnera peu à peu la photographie pour se perdre dans l’alcoolisme dès 1977. Ce photographe est le cofondateur de la revue Provoke en 1968 et il travaillera par la suite avec le photographe Daido Moriyama.

Takuma Nakahira, qui a influencé de nombreux photographes de la génération suivante avec son langage radical et ses tableaux, est maintenant considéré comme une figure légendaire dans le monde de la photographie.

Retour sur le 16ème Prix National Photographie Ouverte

Photographie Ouverte est consultable au Musée de la Photographie (BE) jusqu’à la mi-septembre. Impressions sur un évènement qui a rassemblé plus de 330 envois !

Max Pinckers

Bien que cela soit la seizième édition de cet évènement en Belgique, c’était la première fois que j’en entendais parler.  Lorsque le concours avait été présenté à la presse, je n’ai pas tenté le pas en tant que photographe par manque de confiance en mon travail. Par contre, je me suis intéressé fortement aux candidats sélectionnés parmi les 330 envois qui se sont disputés les faveurs du jury pendant les « éliminatoires ».

L’exposition qui présente le travail des « élus » est très intéressante. Les grands thèmes de la photographie s’y trouvent représentés : portraits, reportage, recherches plastiques.  Je dois dire que je n’ai pas été déçu par ce que j’y ai découvert.  Bien que l’aspect esthétique soit personnel et que je n’aime pas toutes les compositions, je dois avouer que la créativité est présente et a réussi à éveiller mon intérêt.  Il faut garder à l’esprit que le sujet demandé aux participants était libre.  Ce n’est pas toujours la qualité photographique qui est récompensée mais bien une démarche artistique.  Une photographie seule n’a pas d’intérêt.  Ce ne sont donc pas des portefolios de belles photos mais bien des séries cohérentes.

Je ne citerai pas en détails les seize participants.  Cela serait trop fastidieux et ennuyant.  J’opte donc pour un trio que j’ai fortement apprécié.

Colin Delfosse

Ce photographe présente l’incroyable lutte quotidienne que mènent plus de 2000 femmes kurdes pour la liberté de leur peuple.  Dans les maquis du Kurdistan, elles sont armées et s’entrainent pour combattre au nom de leurs idéaux.  Combattantes pour leur liberté au Kurdistan, terroristes en Europe et aux Etats-Unis, Colin Delfosse raconte en image la lutte de ces femmes kurdes. Colin Delfosse fait partie du collectif « Out Of Focus« .

Colin Delfosse – Amazones du PKK

Anne-Sophie Costenoble

« Portrait de campagne » est une série qui m’a beaucoup touché. Beaucoup de gros plans très forts, Anne-Sophie s’est centré sur les détails qui essaie de rendre compte de la mutation que connaît l’agriculture familiale de nos régions.  Ce type de métier qui est voué à disparaître suite aux objectifs et pressions économiques.

Valérie Adams-B

Dans cette série, Valérie m’a plongé dans les couleurs et les émotions. Entre flou, réel et irréalité, ces photographies originales sont interpellantes tant sur le plan de l’image que sur le support utilisé.

David Marlé

Le prix du public

En plus d’une vision au Musée de la Photographie, les visiteurs ont le privilège de décerner son « prix du public » à l’aide d’un bulletin de vote.  Je vous invite à faire le déplacement et à jouer le jeu de l’observation, du plaisir de donner son avis sur les seize artistes sélectionnés.  Il est évidemment inconcevable de faire le parcours sans se munir de la brochure explicative qui informe sur le visiteur sur la démarche artistique de chaque photographe. A vos crayons !

Date : jusqu’au 19 septembre 2010.

Lieu : Musée de la Photographie à Mont-Sur-Marchienne (BE)

Daido Moriyama

Ses images aux forts contrastes rejettent la “bonne technique” par des flous, des bougés, des lumières parasites ou la présence du grain.

Homme nomade, Daido Moriyama est un photographe et un auteur fascinant. Né en 1938, ses souvenirs d’enfance sont liés à l’occupation américaine.

Il commence sa vie de photographe en concevant des pochettes d’allumettes pour des bars d’Osaka avant de trouver un emploi dans un studio photo. A Kobe, il fait des portraits-souvenirs de marins et de passagers sur les quais. En 1961, il devient freelance. Vers 1965, Moriyama évolue vers une esthétique de l’instantané.

Ses photographies représentent les côtés les plus sombres de la vie urbaine.  Il piège ce qui se cache derrière la société de consommation.  Il attrape l’envers des paysages éblouissants des villes contemporaines.  Ses œuvres nous rappellent aussi que look urbain est souvent nostalgique.

La revue Provoke

Daido Moriyama sera lié au magazine Provoke qui eut comme cofondateur le photographe Takuma Nakahira, un ami de Moriyama.

Revue trimestrielle, Provoke veut apporter un matériau artistique capable de guider la pensée. Selon les fondateurs, les mots avaient perdu leur sens et la force de décrire la réalité. Ce rôle revenait donc aux photographes qui devaient prendre le relais sur le langage. Les images devaient avoir la priorité et même remplacer le langage.

Les théories artistiques du groupe Provoke ont permis à une nouvelle génération de photographes de rompre avec les conventions.

Moriyama et ses contemporains ont espéré prévoir un temps où les photographies allaient communiquer toutes seules. Bizarrement, celles-ci ont appelées les mots et Moriyama s’est mis à l’écriture !

Regarder le monde sous un autre angle ?

Daido Moriyama aime regarder le monde au niveau du sol ou du point de vue d’un chien par exemple. Il parcoure le japon en voiture pour y photographier le monde à partir de l’intérieur de celle-ci. Ce nouveau point de vue est incertain dans le monde la photographie où la station debout avait la préférence.

La photographie allait devenir une expression personnelle à partir du moment où elle arrivait à sortir des conventions. Les prises de vues se faisaient sans viseur. L’oeil du photographe ne devait pas être en contact avec les conventions de la prise de vue. Daido Moriyama n’était pas un photographe téméraire et il gardait toujours ses distances. Cette distance permet à l’autre d’apparaître à l’instar de lui-même dans ses photographies. Voyeurisme ? Description basée sur la timidité ? Percevoir le monde comme le spectateur d’un rêve ?

La perspective de ses photos suivent la démarche d’un voyeur ou un violeur. Son regard, à partir de la fenêtre d’une voiture en mouvement ou de l’ombre, est celle d’un criminel. C’est le travail de quelqu’un qui parle sans regarder les gens dans les yeux.

En 1980, Moriyama dit : « La plupart de mes instantanées, je les prends en roulant en voiture ou en courant, sans viseur, et de ce fait, on peut dire que je prends des photos plus avec le corps qu’avec les yeux. »

Daido Moriyama se présente comme une nouvelle génération inspirée par Tomatsu Shomei et guidée par ses impressions et ses obsessions.

Livre sur la retouche photo en téléchargement libre

L’auteur Christophe Aubry propose gratuitement son livre sur la retouche photo avec Photoshop CS3. Une aubaine car la majorité des fonctions sont identiques aux nouvelles versions !

Rien d’illégal dans cette proposition de maîtrise du logiciel Adobe Photoshop CS3.  Christophe Aubry, auteurs de livres dans le domaine des arts graphiques, met à la disposition de la communauté de photographes un de ses livres sur la retouche photo.

On n’hésite pas !

Il ne faut pas se berner,  les superbes photos que vous pouvez voir en presse, sur le web sont retouchées pour atteindre une certaine perfection voulue par la société « artistique » moderne de consommation. Ce débat sur la perfection est discutable en terme artistique – Qu’est-ce qu’une photographie parfaite finalement ? -, je ne parlerai pas de cette question essentielle dans cet article.

Revenons à nos moutons, les plus belles corrections sont celles que nous ne pouvons pas percevoir. Ce livre a dans l’optique de partager des trucs et astuces aux photographes amateurs et professionnels pour réaliser leurs retouches de manière simple et guidée. Je ne présenterai pas Adobe Photoshop, leader incontesté des manipulations picturales mais il convient de savoir utiliser ce logiciel avec intelligence, parcimonie et goût.

L’apprentissage des calques, des réglages de bases ou experts, la fusion hdr ou la maîtrise du noir et blanc numérique, tout est ici et en libre circulation.  Pourquoi ne pas en profiter ?

–>  Lien de téléchargement et site de l’auteur <–

Le Polaroid est mort et pourtant n’a jamais été aussi présent

Le Polaroid est bien enterré mais il n’a jamais été aussi à la mode ! Sa rareté et son côté rétro font de lui un appareil de légende soumis à toutes les convoitises.

La photographie instantanée s’est révélée avec le Polaroïd et non avec la venue de la photographie numérique.  Pour les profanes, le Polaroïd dit « Le Pola » est un appareil qui recrachait les photographies directement une fois le cliché effectué.  En un clic, une photographie au format carré (avec des bords blancs) sortait de l’appareil en quelques secondes.  Le cliché pouvait donc être donné directement au modèle par exemple.  Un système révolutionnaire pour l’époque !

Le Polaroid est une photo sans témoin, qui ne transite plus par un laboratoire de développement.  L’appareil est devenu le fer de lance du verbe « Oser ».  On ose photographier sa petite amie nue sur le lit dans une position coquine. On enregistre tout, une assiette, un coin de chambre, le tombé d’un rideau dans un rayon de soleil. Certains se sont mis à aimer les photos ratées aux couleurs voilées.  Des collectionneurs se sont rués vers ces petits sésames en papier.  C’est le procédé de la rapidité et la liberté personnelle.

Le Polaroïd, toute une histoire !

Tout commence en 1948 avec un scientifique américain du  nom de Edwin Land qui l’ingénieuse idée de sensibiliser et de développer le film à l’intérieur de l’appareil lui-même. La petite histoire veut que la fille du scientifique, prise en photo par son papa un soir de Noël, lui demande pourquoi elle ne peut pas avoir sa photographie tout de suite. Il faudra attendre 5 années pour rendre le processus viable.

Il reprend donc la base même de la photographie argentique et du labo au sein de sa machine portative.  La première génération du « Pola » mit une minute pour sensibiliser, révéler et fixer le cliché sur le papier.  Exclusivement monochrome, c’est en 1968 que le système s’adapte au film en couleur (Polacolor).

Le photographe de mode, Paolo Roversi se souvient avec émotion de sa rencontre avec un enfant indien sur la route de Bénarès. « Je n’oublierai jamais son expression. Il n’aurait pas été plus étonné s’il m’avait vu marcher sur les eaux du Gange, ou descendre d’un vaisseau spatial. Je l’avais simplement photographié en Polaroid . »

Malgré la popularité du concept, l’entreprise met la clef sous la porte en 2008.  A l’heure actuelle, les derniers stocks de film se vendent à des prix d’or car ils deviennent très rares et la presque totalité des stocks se sont écoulés en 2009.

Oliviero Toscani (Italie), « Andy avec un appareil photographique », 1975. Tous les polaroïd présentés dans cette page sont exposés à Arles dans « Polaroïd en péril » – Courtesy The Polaroid Collections / Musée de l’Elysée, Lausanne

C’est dans sa mort que le Polaroïd argentique se fait une nouvelle vie

La rareté et la complexité de se procurer le matériel pour faire fonctionner son Polaroïd a transformé l’avenir de l’appareil. Il devient un effet de mode pour les artistes et les gens fortunés qui dépensent des sommes folles pour en faire quelques clichés.  La mort du Polaroïd en a fait un objet de tendance et à la mode.  La venue du Polaroïd au format numérique ne prend pas et la nostalgie de l’argentique se fait ressentir chez les artistes.

Avec ce regain d’intérêt, la célèbre marque a officialisé le lancement d’une nouvelle ligne de Polaroïd sous la houlette de Lady Gaga, chanteuse provocatrice et en vogue.  De l’autre côté du monde, aux Pays-Bas, une équipe de passionnés a racheté la première usine de Polaroïd et relance la production de films sous le nom de « The Impossible Project« .

David Seymour

Témoin des conflits de son temps, il nous a légué des images profondément humanistes.

Né en 1911, David Seymour est le fils d’un éditeur de livres en hébreu ou en yiddish. Après diverses infortunes de la vie suite à la guerre par exemple, il se dirige vers la photographie dans une agence dirigé par un ami de sa famille. Il devient rapidement ami avec Henri Cartier-Bresson et Robert Capa. Ceux-ci seront à l’origine de la fondation de la célèbre agence Magnum en 1947.

Dans les années 30, il rejoint les Etats-Unis et travaille aux services de renseignements photographiques malgré ses problèmes de vue. Après la naissance de Magnum, il rejoint une mission de l’Unicef qui l’envoie photographier des enfants à travers le monde.

Son talent photographique sera reconnu dans l’après-guerre grâce à sa capacité de compassion appréciée de tous. Il trouve la mort en 1956, en couvrant le conflit qui opposait Israël à l’Egypte.

L’innovation photographique et humaine

Dès la genèse de la photographie, bon nombre d’enfants immortalisés dans un négatif. L’innovation de David Seymour sera de les montrer comme des victimes isolées. En effet, les populations du monde paient un lourd tribu face à la guerre. Enormément d’enfants se trouvent livrés à eux-mêmes. David Seymour va les représenter tels qu’ils sont : sans soutien.

Sa mission photographique pour l’Unicef va devenir plus qu’un simple témoignage. Il va confronter le monde avec des situations intolérables.

La technique de Chim est remarquable. Pendant ses reportages, il dialogue longuement avec ses interlocuteurs avant de les figer sur la pellicule. Il se tient à une certaine distance des sujets qu’il photographie et les laisse évoluer dans leur univers. Son objectif se tourne également vers les plus vulnérables : des vieillards, des ouvriers, des femmes et des enfants. Chaque reportage, chaque cliché relate ces conversations de Chim avec l’humanité qui l’entoure.

David Chim Seymour

Juif de Varsovie, Dawid Szymin, connu sous le nom de David Seymour, ne jouit pas de la notoriété de ses amis Robert Capa et Henri Cartier-Bresson. Après des études à Leipzig et en Sorbonne, il devient photojournaliste en 1933 pour le magazine communiste « Regards« .

Photographe engagé, Chim documente la condition ouvrière et la mobilisation populaire française.  Avec Robert Capa et Gerda Taro, il participe activement aux débuts de la Guerre d’Espagne. Il devient le témoin de la volonté de résistance du peuple espagnol face au fascisme de Franco.

Il centrera ses photographies sur le sort des civils, dans les villes bombardées par les avions allemands et italiens au service des soldats franquistes.  Chim livre une vision poignante et humaine des réalités de la guerre montrée dans le quotidien de la population espagnole.

Réfugié aux Etats-Unis et devenu citoyen américain, David Seymour participe à l’effort de guerre allié sous l’uniforme américain en travaillant pour les services de renseignement.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, il documentera la survie des enfants dans les pays dévastés par la guerre ainsi que de la création d’une société nouvelle sur les terres d’Israël.

Il deviendra le président de l’agence Magnum à la mort de son ami Robert Capa. Chim marquera à jamais l’engagement photographique humaniste qu’il manque cruellement à notre époque actuelle.

Réflexions et démarches photographiques