La naissance du SX-70 dans les années créatives de Polaroid (partie 1)

La marque Polaroid a contribué à la construction du médium photographique.  Un contexte historique innovant par l’expérimentation issue des années 70.

Balisons notre travail en guise d’introduction

Après un passage obligatoire par le boîtier de type 600, depuis quelques semaines, j’ai fait l’acquisition d’un boitier pliant SX-70.  Il me semble intéressant de poser un avis complètement subjectif sur cet appareil.  Je profiterai de mon envie de poser une réflexion pour écrire une série d’articles.

Avant de me lancer dans certains aspects techniques, j’aimerais contextualiser la naissance du SX-70 dans une période où la marque Polaroid encourage les innovations esthétiques auprès des photographes.

En 2010, la mode tournait autour d’une renaissance du Polaroid. En 2018, la mode a-t-elle fait place à une nouvelle maturité ? La question est donc lancée.

Je reviendrai également sur une réflexion que j’ai posée en 2011 dans une série de 5 articles autour des chimies  Polaroid Impossible Project.  J’essaierai de recontextualiser ce que signifie (pour moi) Polaroid en 2018.

Après tout ceci, je proposerai un avis matériel sur le boîtier 660 Sun avec lequel je travaille depuis 2016.

Je terminerai par une série de liens qui illustreront ce travail d’écriture (de près ou de loin) pour nous permettre de continuer de réfléchir sur la notion même de Polaroid.

Bref, nous avons beaucoup de travail !

Contexte historique du SX-70 : un appareil mythique

Je ne rentrerai pas dans des détails sans fin autour de ce boîtier.  Je préfère mettre en avant l’effort qu’a fourni la firme Polaroid pour encourager l’innovation créative des photographes dans les années 1970.

Lorsque sort en 1972 le SX-70, nous sommes dans la continuité de la création d’une collection d’oeuvres Polaroid lancée par Ansel Adams  et Edwin H.Land (le créateur de l’invention Polaroid). Les années 70 vont apporter un lot impressionnant de photographes qui vont s’affranchir de l’héritage et l’influence de Ansel Adams avec ses paysages en noir et blanc.  Une phase d’expérimentation techniques et esthétiques va débuter.

La firme Polaroid travaille autour de son image d’entreprise qui se veut créative, inventive et innovante. C’est dans cette optique que les conservateurs de Polaroid mettent au premier plan et privilégient les oeuvres les plus conceptuelles et avant-gardistes.

Comme le dit Barbara Hitchock, directrice « The Polaroid Collections » en septembre 2004 au Massachusetts dans le livre « The Polaroid Book » (TASCHEN) :

« …Certes, nous n’avions rien contre les tirages bien léchés ou les belles images évocatrices, mais nous accueillions aussi à bras ouvert les tirages retouchés à la main, ceux qui avaient été réalisé avec d’anciens procédés de fabrication, toute image dans laquelle l’artiste faisait preuve d’imagination pour exprimer ses idées et ses expériences… »

Barbara H. insiste sur les créations et la restructuration de l’idée même de la photographie au Polaroid. Le passage qui suit est extrêmement important pour comprendre cette logique.

« … En 1972, Samaras manipulait les pigments avec une aiguille de manière à créer des effigies déformées de lui-même. Quant à Rauschenberg, il badigeonnait grossièrement ses photos 50 x 60 en noir et blanc avec du fixateur… D’autres appliquaient sur leurs oeuvres de l’encre, de la peinture acrylique, des teintures diverses, voire même du sang… »

Lucas Samaras

Elle continue de mettre de l’accent en insistant que des photographes grattaient les négatifs ou les positifs avec des aiguilles par exemple. Tous ces exemples prouvent que ces années folles seront un foyer dans l’innovation, dans l’encouragement créatif voire même une remise en question de la photographie Polaroid.

Liens divers autour cet article
Rauschenberg R. // polaroid noir et blanc, acrylique et grattage sur châssis aluminium

Dossier et réflexions autour de Polaroid
Réflexions menées en 2011 autour de Polaroid

 

9 réflexions sur « La naissance du SX-70 dans les années créatives de Polaroid (partie 1) »

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