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This article was written on 29 déc 2009, and is filled under Archives Exploration Urbaine.

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Exploration photographique d’un hôtel art déco en phase de démolition ou la fin de l’Hôtel Berger

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L’hôtel Berger est construit en 1935 dans un esprit de bergerie.  D’où le nom de Berger.  Il faut savoir qu’à une époque lointaine Ixelles n’était qu’un grande prairie appartenant à un château.  Le château n’existe plus mais sa situation est l’emplacement actuel de la maison communale.  Donc c’est dans un esprit de bergerie légère que l’entrepreneur Dehoux décide de répondre à un besoin venant de la Bourgeoisie.  Etant dans les affaires et ayant une grande richesse, Monsieur Dehoux construira sur fond propre cet hôtel en 1935.

Vivant dans une autre époque, la bourgeoisie passée était à la recherche de plaisir et de rendez-vous coquins.  L’hôtel Berger répondait à ce besoin des hommes d’affaires et des puissants de Belgique désirant mélanger luxe, intimité et plaisirs de la chair.

Rien n’a été laissé au hasard.  Les boiseries sont d’une grande qualité, les sièges sont en cuir, les portes vestes en cuivre et la décoration reflètent le courant art déco de l’époque.  Cet hôtel est une pièce inestimable en tant que souvenirs d’un passé révolu.

L’état du bâtiment se dégrade et bien que l’exploitant des lieux Freddy Martens se soit battu pour classer cet hôtel unique en Europe ( ! ), la région Bruxelloise fait la sourde oreille et la commune ne veut absolument pas investir un seul centime dans cet édifice.  A l’heure actuelle, les plaisirs coquins sont un tabou sociétaire et pourtant il est omniprésent à la télévision, internet, publicité,…  Ce déni de classement a sonné le glas de cette trace vivante d’un luxe bourgeois au tendance art déco dont TOUT est resté à l’identique et cela depuis 75 ans !

Dans les années 80, l’hôtel faisait plus de 150 chambres par jour.  L’époque n’aidant pas ce genre de lieu, les maladies sexuellement transmissibles de la fin du XXe ainsi que le changement des moeurs vis-à-vis de la sexualité ont changé la donne désormais.  L’actuelle agence immobilière, propriétaire légal, n’en a cure de ce patrimoine et a décidé de raser le bâtiment entre mars et juin 2010.

Les choses s’anticipent et à l’heure où j’écris  ces mots, certaines sociétés ont déjà commencé à préparer leur camion pour venir piller le patrimoine immobilier de l’hôtel Berger.  Tout s’enchaîne très vite.  D’ici 5 jours, tout va être doucement désossé.  Où ira ce patrimoine ?  Aucune idée.  Sera-t-il préservé ?  Impossible.  En effet, l’hôtel Berger est pensé comme une oeuvre d’art.  Chaque boiserie de murs enroule les lits dans lesquels trônent des fresques divines complètement revisitées par la tendance art déco des années 30.

Il est maintenant difficile de repenser au passé car il va disparaître dans les appétits d’une société immobilière qui va raser cet établissement pour en faire…. un hôtel !  L’argent ne cache pas l’ignorance mais il permet à l’ignorant de sortir vainqueur.

C’est avec un poids sur le coeur et une larme versée en terme de patrimoine que je remercie Monsieur Freddy Martens ainsi que Madame Custodero pour leur accueil chaleureux et leur passion commune.  L’hôtel Berger était-il un hôtel de passe ?  Ils vous répondront que non car il était avant tout un hôtel de rendez-vous discret comportant en son sein le plus précieux des patrimoines bruxellois…

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5 commentaires

  1. Evrard
    30 décembre 2009

    superbe !!! je suis vraiment fan de cette serie

    • Philippe
      30 décembre 2009

      Merci à toi pour ton commentaire. C’est une série qui touche plus une partie du non-dit. Des détails mettant en valeur une ambiance.
      Comme discuté avec d’autres photographes, mon reportage ne montre malheureusement pas l’ambiance complète des lieux telles que des vues plus générales pour que ce reportage soit un réel reportage.

      Mais je partage ton avis sur cette série car elle m’affectionne aussi. J’ai essayé de nouvelles choses tels que des plans plus serrés ou des poses plus longues pour jouer sur une effet spectral. Rien d’exceptionnel pour le professionnel mais si important pour mes yeux de profanes.

      Repasse quand tu veux, tu es ici chez toi et passe de bonnes fêtes !

  2. egocyte
    6 juillet 2010

    C’est une triste histoire et de très belles photos. J’imagine qu’aujourd’hui il est détruit…
    Je ne sais pas s’il y a une règle pour faire un reportage, il faut surtout que ce soit la vison que tu voulais donner, et ces plans serrés, ces ambiances, fonctionnent bien pour moi, elles laissent à deviner

    • Philippe
      6 juillet 2010

      Merci Vincent. C’est un des reportages qui me le touche le plus tant sur l’aspect photographique que patrimonial. Il est détruit à l’heure actuelle en effet. J’ai eu la chance d’arriver 3 jours avant que les vautours ne viennent commencer leur sale besogne.
      Merci pour ton commentaire Vincent !

  3. ANDRE
    11 septembre 2010

    Bonjour,

    Je viens de racheter ce bâtiment et aimerait vous contacter. merci de me donner vos coordonnées.

    JM André