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Changer les mousses d’un reflex argentique : Canon AE-1 (Partie 2)

Rappel de l’introduction à l’article sur le changement des mousses du Canon AE-1

  1. Cet article est écrit par Cédric. je vous invite à consulter son travail photographique.
  2. Le tutoriel ci-dessous peut-être utilisé pour d’autres marques de reflex argentique, seuls quelques détails changent, il vous faudra adapter en fonction de votre boitier.
  3. Cette deuxième partie s’axera sur ce qu’il faut mettre en place pour changer les mousses de son reflex soi-même.

Le matériel nécessaire

  • Un petit cutter ou mieux un scalpel de maquettiste ou médecin
  • Une pince brucelle ou à épiler
  • Une baguette chinoise en bambou taillée ou un tournevis de précision plat en matière synthétique afin de ne pas rayer le métal. (Personnellement, j’ai utilisé le bois des cotons tiges taillés)
  • De l’alcool isopropylique (tout autre alcool, diluant, solvant… est à proscrire). L’alcool isopropylique n’attaque pas les plastiques ni les peintures, s’évapore très rapidement sans laisser de trace (se trouve assez facilement dans les grandes surfaces de bricolage)
  • Des cotons-tiges ou mieux de long cotons-tiges destinés au nettoyage des équipements informatiques
  • Un espace de travail dégagé, propre et bien éclairé
  • Des gants en latex (facultatif, mais les résidus de mousse collent très très bien à la peau…)

Où se situent les mousses à changer ?

  1. Au dos de l’appareil, côté charnière, vous en avez une sur le boitier et une à l’opposé sur le couvercle.  Suivant les modèles et les marques, une seule mousse est présente, soit sur le boitier, soit sur le couvercle. Notez bien si vous en avez une ou deux.
  2. Côté ouverture, vous en avez une de part et d’autre du crochet de fermeture.
  3. Sur le boitier, vous en avez une au-dessus et au-dessous du logement de la pellicule dans une sorte de « goulotte » ( Tout au long de ce tutoriel, j’utiliserai ce terme, n’ayant rien trouvé de plus explicite).
  4. La dernière, la plus délicate, se trouve sur le boitier, derrière l’objectif, exactement devant le dépoli.

Sur les photos ci-dessus, les vieilles mousses ont déjà été retirées.

Première étape : le nettoyage

Dans un premier temps, nous allons démonter le couvercle au dos du boitier. Sur le AE1, au niveau de la charnière, un petit « taquet » est présent, en l’abaissant on peut désolidariser le couvercle du boitier. Cela vous permettra de travailler plus confortablement sur cette partie.

  • A l’aide de votre scalpel, coupez les résidus de mousse au plus près du métal (sans l’entamer).
  • Imbibez un coton tige d’alcool isopropylique. Eliminez toute trace de colle et de mousse sur les pourtours du couvercle en n’oubliant pas les zones qui viennent s’emboîter dans les « goulottes » citées précédemment (si elles sont collantes, elles pourraient décoller vos nouvelles mousses des « goulottes » qui ne sont QUE posées).
  • En utilisant votre baguette chinoise taillée ou votre tournevis de précision, vous allez devoir curer délicatement l’intérieur des « goulottes » du boitier afin d’extraire les résidus de mousse s’y trouvant. Petite astuce : faites couler quelques gouttes d’alcool isopropylique dans les rainures et laissez agir quelques minutes. Les résidus de mousse se décolleront encore plus facilement. Inutile de faire un nettoyage parfait, les quelques restes de mousse collantes nous serviront à fixer les nouvelles mousses à cet endroit.

VEILLEZ À CE QU’AUCUN BOUT DE MOUSSE NE TOMBE DANS LE BOITIER OU SUR LE TISSU DU RIDEAU PENDANT L’OPÉRATION DE NETTOYAGE, VOUS POURRIEZ LE REGRETTER ULTÉRIEUREMENT.

Attaquons la partie la plus délicate maintenant, la mousse d’amortissement du miroir à proximité du dépoli.

À ce stade, vous pourriez payer cher la moindre erreur, j’en ai fait les frais. Un bout de mousse en décomposition est venu se coller sur le dépoli, en essayant de le retirer, il s’est étalé comme du goudron. De ce fait, j’ai complètement « ruiné » mon dépoli et j’ai dû faire un choix difficile : soit le laisser tel quel (pas terrible pour la prise de vue), soit tenter de le nettoyer en prenant le risque de rayer le dépoli. J’ai donc choisi la deuxième option et ce qui devait arriver arriva, j’ai rayé mon dépoli (avec un coton tige !).

Pour rappel, le dépoli des Canon AE1 et de bien d’autres marques est une pièce en plastique, de ce fait, elle est plus sensible aux rayures et aux produits chimiques qu’une pièce en verre.

Au final je ne sais pas ce qui est le mieux, une grosse tâche ou des rayures… De tout évidence, ni l’une ni l’autre, donc prudence. Là aussi, petite astuce : je vous conseille de découper une feuille de papier, plus ou moins à la taille du dépoli et de la coller sur le dépoli. Pas avec de la colle bien sûr mais en utilisant votre salive comme si vous colliez un timbre poste. Cela vous évitera bien des déconvenues, n’abîmera pas votre dépoli et sera très facile à nettoyer à la fin des opérations.

Vous voilà prévenu, commençons :

  1. Maintenez votre boîter à l’envers sur la griffe du flash.
  2. Avec le scalpel, grattez la mousse en prenant soin qu’elle tombe à l’extérieur du boitier. Procédez par étape et surtout prenez votre temps.
  3. Quand le plus gros de la mousse est retiré, passez au nettoyage avec un coton tige très faiblement imbibé d’alcool isopropylique afin d’éviter tout ruissellement sur le dépoli. Là aussi la patience sera votre meilleure alliée. Renouvelez l’opération jusqu’à ce que le support de la mousse soit absolument non collant.

Deuxième étape : la mise en place des nouvelles mousses

Vous avez des bandes non adhésives de 2mm à utiliser dans les « goulottes » de la porte arrière ou bien un bout de laine noire.

Vous avez cinq feuilles de mousse alvéolée (1 ; 1.5 ; 2 ; 2.5 et 3mm). Bien que les deux mousses les plus fines soit normalement utilisées comme amortisseur du miroir, elles peuvent aussi être employées pour d’autres joints (comme le joint de la fenêtre du film).

Les mousses des goulottes

Les mousses destinées aux « goulottes » sont non adhésives mais elles ont un sens. En les observant vous remarquerez que l’une des faces est brillante, c’est ce côté qui après montage sera face à vous. On commence par la « goulotte » du bas, la plus facile. A l’aide de votre pince brucelle, positionnez votre mousse (face brillante vers le haut) dans l’interstice en prenant soin de la laisser déborder de quelques millimètres du boitier.

Avec une main, vous allez présenter la mousse tandis que l’autre équipée de votre baguette taillée va délicatement venir la plaquer au fond de la rainure, sans faire de bulles et sans vriller la mousse. Ne tirez pas sur la mousse, vous pourriez la déformer et lui faire perdre toute son efficacité.

N’oubliez pas : prenez votre temps. Les résidus de l’ancienne mousse vont agir comme une colle en maintenant la nouvelle mousse. De ce fait, vous ne pourrez pas la retirer sans l’abimer.

À ce stade la première mousse est en place mais ça déborde de chaque côté de la « goulotte », à l’aide de votre baguette maintenez la mousse au fond de l’un des angles et coupez l’excédant de mousse avec la pointe du scalpel. Répétez l’opération pour le deuxième côté.

Passons à la « goulotte » du haut, sur le Canon AE1, il y a un petit « taquet » sur ressort qui sert à la remise à zéro du compteur de vue, on va partir de cette zone en veillant cette fois-ci à positionner le bout de la mousse bien contre ce « taquet » en prenant soin de ne pas empêcher à son fonctionnement, la suite de la procédure restant identique à ce que nous venons de voir.

Les mousses de la charnières et de l’ouverture

Attaquons maintenant les mousses de charnières et d’ouverture du dos. Comme nous avons désolidarisé la porte du boitier les manipulations seront plus aisées.

Vous aurez observé en fonction de votre boitier que vous pouvez avoir une ou deux mousses. Par exemple, une sur le boitier côté charnière et une autre sur la porte toujours côté charnière ou bien une seule soit sur le boîtier soit sur la porte.

N’en mettez pas deux si une seule est nécessaire, vous pourriez obtenir l’effet inverse.

Astuce : Pour déterminer l’épaisseur nécessaire de mousse à ce niveau, utilisez un petit bout de pâte à modeler que vous aurez pris soin d’emballer dans du film plastique alimentaire, en le plaçant au niveau de la charnière et sur toute sa longueur. Une fois le boitier refermé, la pâte à modeler aura conservée l’épaisseur nécessaire du joint. À vous d’adapter en fonction des mousses mises à votre disposition. Soit une mousse faisant l’épaisseur, soit deux qui ensemble feront l’épaisseur totale.

Vous allez probablement devoir découper les mousses en deux dans le sens de la longueur pour les adapter à votre boitier.

La mousse d’amortissement du miroir

Là aussi, toutes les précautions d’usage sont à prendre. Il n’y a pas de règle absolue, tout dépendra de votre boîtier. Une mousse trop fine fera claquer trop violemment le miroir, une trop épaisse sera visible sur vos prises de vue. Personnellement, j’ai utilisé les mousses les plus fines du kit sans rencontrer de soucis particulier.

La mise en place n’a rien de sorcier vu que les mousses sont autocollantes. Par contre mieux vaut les mettre en place correctement dès le début, il sera en effet difficile de les retirer une fois collé. A la fois, si vous imbibez légèrement la mousse d’alcool isopropylique, la mousse ne collera définitivement qu’une fois l’alcool évaporé, ce qui permet de pouvoir la repositionner au cas où.

Deux méthodes existent :

  1. On découpe la mousse au millimètre près, on la place aussi au millimètre près et ce de façon parfaitement alignée avec le support. En commençant par l’un des côtés et en enlevant la protection de l’autocollant au fur et à mesure de la progression, sans étendre la mousse qui perdra de son efficacité.
  2. On découpe la mousse légèrement plus longue que le support, on la plie en deux (sans marquer de pli), on retire la protection autocollante, on positionne la « pointe » de la pliure au centre de la zone. A l’aide de l’outil en bambou, on répartit la mousse. L »excédent de mousse à droite et à gauche ne doit pas gêner. (C’est la technique que j’ai utilisé pour mon appareil)

Je ne peux vous montrer les autres mousses misent en place, trop pressé d’essayer mon AE-1, une pellicule est en place, donc l’ouverture du boitier est impossible.

Toutes les mousses sont maintenant en place, il ne vous reste plus qu’a charger une pellicule et partir tester votre boitier à nouveau parfaitement étanche à la lumière.

Vous venez de voir qu’avec un budget très limité et un peu de patience, il est possible de redonner vie à votre vieux reflex du fond du tiroir. A titre d’information, ces opérations sont souvent facturées autour de 50€ par un professionnel.

Les différentes parties proposées dans ce dossier

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Restaurer / Entretenir son reflex argentique : Canon AE-1 (Partie 1)

Introduction à l’article sur le changement des mousses du Canon AE-1

  1. Cet article est écrit par Cédric. je vous invite à consulter son travail photographique.
  2. Le tutoriel ci dessous peut-être utilisé pour d’autres marques de reflex argentique, seuls quelques détails changent, il vous faudra adapter en fonction de votre boitier.

Préambule de l’article concernant le Canon AE-1

Dominic Clarke / Canon AE-1

Lorsque l’on souhaite se (re)mettre à la photographie argentique, il faut inévitablement, soit vous procurer un nouveau boitier, soit ressortir celui qui traine au fond d’un placard. Pour ma part, après plusieurs années de numérique, j’ai choisi de faire un retour vers l’argentique pour le noir et blanc. Par chance, j’ai conservé le Canon AE-1 que j’avais acheté avec l’aide de mes parents dans les années 1985.

Tout content et très excité, je ressors mon appareil. C’est un modèle de 1978 que j’ai utilisé de 1985 à 2002 sans jamais avoir eu le moindre problème. Après l’inspection du déclenchement, de l’armement, du rideau et des vitesses, je me rends compte que j’ai des tâches noires dans mon viseur.

Alors effectivement, quand on achète un vieil appareil ou lorsque l’on en ressort un du placard, on vérifie tout un tas de paramètres mais pas forcément l’un des plus essentiels : l’état des mousses qui servent notamment à l’isolation de la lumière.

Contrairement à un numérique, un appareil argentique doit pouvoir s’ouvrir afin de mettre en place une pellicule qui n’est ni plus ni moins que le « capteur » de l’appareil photo argentique. Cette partie étant mobile et une pellicule photosensible, il est indispensable qu’une fois refermé, le dos de l’appareil photo argentique soit parfaitement étanche à la lumière sous peine de voiler irrémédiablement le film. Pour faire simple, vous allez gâcher vos pellicules et de facto vos belles prises de vue.

Une autre mousse a une importance capitale, la mousse d’amortissement du miroir (celui qui se trouve derrière l’objectif et qui transmet l’image dans votre viseur) En effet, celle-ci amortit le mouvement du miroir lors du déclenchement. Une mousse abîmée et c’est le risque de voir un jour le miroir se briser à l’intérieur du boitier. Autant votre boitier tout métal (ou pas) passera les années sans le moindre problème, autant les mousses elles, se détérioreront irrémédiablement au fils des ans.

Percevoir les différents stades de dégradations des mousses

Autoportrait Canon AE-1 / Axel Cardenas

Premier stade : les mousses perdent de leur élasticité, sous une pression du doigt, elles ne reprennent pas immédiatement leurs formes.

Deuxième stade : elles commencent à se désagréger et les particules peuvent endommager le fonctionnement de la mécanique de l’appareil ainsi que laisser passer la lumière et donc voiler votre pellicule.

Troisième stade : les mousses deviennent collantes. Elles ont totalement perdu leur efficacité et les particules qui se détachent se collent partout. A ce stade les dommages sont énormes et parfois irréversibles. Taches sur le dépoli, rideau collé, grosses fuites de lumière, tâches sur la pellicule, bobine d’entrainement du film tâchée et collée.

Il est donc indispensable de les changer au risque d’abîmer votre appareil argentique.

Il existe deux solutions et une méthode

  1. Avec les moyens du bord en récupérant la feutrine présente sur les bords des emballages métallique des pellicules et un bout de grosse laine noire. Coût approximatif 0€.
  2. En achetant des mousses plus ou moins standard pour environ 9/10€ sur internet.

Pour ma part, j’ai choisi de commander des mousses, j’en ai très facilement trouvé sur eBay auprès d’un sympathique vendeur Allemand qui m’a d’ailleurs aussi fourni un mode d’emploi dans ma langue et le tout sans frais de port.

Pour mener à bien votre mission, vous aurez besoin de peu de matériel, mais de beaucoup de patience. En étant méticuleux, vous ne devriez pas rencontrer de problèmes majeurs. Pas besoin d’être un gros bricoleur, si j’y suis arrivé, vous y arriverez sans peine, je peux vous l’assurer.

La seconde partie ira dans les détails en décrivant le matériel ainsi que les différentes étapes pour remplacer les mousses du Canon AE-1. Des illustrations seront proposées pour vous aider dans votre mission de rénovation.

Les différentes parties proposées dans ce dossier

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