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La photographie mexicaine mise à l’honneur aux Rencontres d’Arles : partie 1

Graciela Iturbide / "Le bain de Frida", Mexico / Prix Hasselblad en 2006

L’un des axes principaux de cette année reste incontestablement le Mexique à travers la photographie et la vidéo. Cet article ne sera pas du tout exhaustif. Je ne m’étendrai pas sur l’influence et la mise en avant du travail de Gabriel Figueroa en tant que directeur photographique pour le cinéma mexicain.

J’ai également pris le parti d’omettre les réalisations de Graciela Iturbide bien que celle-ci soit considérée comme l’une des photographes mexicaines les plus remarquables du paysage contemporain international.

Je suis certain que les plus curieux d’entre vous ne s’arrêteront pas là et choisiront de parcourir les méandres du net pour découvrir les démarches de ces deux artistes cités précédemment.

Pour introduire cette première partie, je parlerai très succinctement d’un évènement majeur au Mexique. En plus d’une approche contemporaine, l’Espace Van Gogh accueille une exposition très complète sur la révolution mexicaine. D’un point de vue documentaire et autour de divers photographes anonymes ou identifiés, c’est un témoignage visuel mettant en scène une période de l’histoire mexicaine et de personnages mythiques tels que les portraits de Francisco Villa et d’Emiliano Zapata entre 1911 et 1915. Cette exposition regroupe de nouvelles vues de la révolution encore jamais exposées.

Enrique Metinides / Avenue Chapultepec 1979 - Adela Lefarreta Rivas est renversée par une Datsun blanche

Enrique Metinides – Atelier des Forges

Enrique Metinides est mis en avant par un ensemble de témoignages photographiques sous une série nommée « 101 tragédies ». Durant sa longue carrière, il a parcouru les rues, la tristesse, les accidents, le courage des sauveteurs ou la curiosité malsaine des passants. Sa série est un témoignage des drames et faits-divers mexicains : pendaison, meurtre, accident de voiture, amputation ou noyade pour ne citer qu’eux.

De manière personnelle, c’est une réelle froideur qui se dégage de des images. Certaines m’ont déstabilisé ou choqué mais ce qui est certain, c’est que je ne suis pas ressorti indifférent de son exposition même si je n’apprécie pas cette approche presque médicale du malheur d’autrui et de la curiosité dérangeante des badauds.

Dulce Pinzon / Wonder Woman : Maria Luisa Romero, de l'Etat de Puebla. Elle travaille dans une laverie à Brooklyn. Elle envoie 150 dollars par semaine à sa famille

Dulce Pinzon – Ateliers des Forges

Dulce Pinzon / Harvey Birdman : José Rosendo de Jesus, de l'Etat de Guerrero. Il travaille comme organisateur syndical à New York. Il envoie 700 dollars par mois à sa famille.

« La véritable histoire des super-héros » est une série qui m’a vraiment fait réfléchir et prendre conscience de personnes oeuvrant au bien être d’autrui dans l’indifférence totale de la société. Autour d’une vingtaine de photographies, Dulce Pinzon va mettre en avant les immigrés mexicain à New York qui sont de véritables héros oubliés. En effet, ceux-ci travaillent de très longues heures dans des conditions très difficiles pour un salaire misérable dans le but d’envoyer de l’argent à leur famille restée au Mexique.

Mis en scène dans des costumes de super-héros dans leur lieu de travail, les photos de ces immigrés latino-américains sont accompagnées d’une légende qui permet au lecteur de prendre conscience de la métaphore visuelle proposée. Un véritable coup de coeur pour ma part sur ces super-héros anonymes mais indispensables à la société.

Daniela Rossell / Ricas y Famosa - Riches et célèbres

Daniela Rossell – Ateliers des Forges

La série « Ricas y Famosas » de Daniela Rossell semble si détachée de la réalité dans des poses, des décors et des attitudes travaillées autour d’une certaine luxure emprunt d’une touche à la limite du « kistch » volontaire. En travaillant cette série, elle met en avant le quotidien, l’identité et le monde imagé que s’est créée la nouvelle bourgeoisie mexicaine.

Ces femmes ont accepté de mettre en scène leur richesse tout en acceptant indéniablement l’image véhiculée comme une illusion de leur propre réalité. Cette série veut montrer la manière dont ces femmes veulent réellement vivre dans une sorte de fantasme et de réalité exubérante.

En 1999, Daniela Rossell nous éclaire sur les protagonistes mises en avant : « Ces images dépeignent des scènes actuelles. Les sujets se représentent eux-mêmes. »

Maya Goded / Frontières USA - Mexique. Quartier des prostituées, série "Bienvenue à Lipstick", décembre 2009

Maya Goded – Ateliers des Forges

Avec « Bienvenue à Lipstick » et « Terre de sorcières », Maya Goded plonge le lecteur dans une danse extrême où la femme vit dans une détresse quotidienne. La première série a été réalisée près de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis dite « zone rouge ». Endroit anarchique où la violence, le sexe et la drogue enfoncent de nombreuses femmes dans une lutte difficile mais obligatoire au maintient de la vie de cette zone.

La seconde série s’est réalisée dans la durée dans le nord du Mexique. Depuis l’invasion espagnole, la religion catholique a envahi ces contrées en changeant les règles spirituelles et sociales du pays. La persécution des femmes dites chamanes soupçonnées de sorcellerie en est une des nombreuses conséquences. Malgré cela, les croyances indigènes restent encore bien présentes dans les campagnes mexicaines. Craintes et respectées, le destin de ces femmes reste toujours l’isolation et l’exil.

Un coup de coeur qui me pousse à m’intéresser de manière plus approfondie à cette photographe courageuse.

Maya Goded / La Huasteca Potosina, San Luis Potosi, Mexique, Série "Terre de Sorcières", 2006

Les différentes parties proposées dans ce dossier sur « Les Rencontres d’Arles 2011 »

Les 42ème Rencontres Photographiques d’Arles – Introduction

Rencontres photographiques d'Arles / Chloé de cours-photographie.fr

Depuis quelques années, j’avais envie de découvrir ce festival où l’image est au centre des préoccupations. Entre une cinquantaine d’expositions, de conférences, de « festivals Off » (festivals alternatifs qui gravitent autour des Rencontres comme Voies Off par exemple), stages ou partages de portefolios, Arles est devenue en dix ans la ville où l’image se transmet entre juin et septembre.

Le dossier que je vais me permettre de vous proposer est composé de plusieurs parties. Il est évident que je ne saurai pas être exhaustif car la multitude des expositions, activités et rencontres de photographes sont légion d’une part mais, d’autre part,  mes coups de coeur restent personnels. Pour en savoir plus et de manière plus détaillée, je vous invite à consulter le site officiel.

J’aimerais mettre l’accent sur plusieurs points et vous proposer un panel assez varié qui provient d’une perception subjective tout en essayant de balayer les « grands » thèmes de ces Rencontres 2011.

Le premier article traitera de la mise en avant de la photographie contemporaine mexicaine. Vous (re)découvrirez le travail incontournable du doyen Enrique Metinides, le travail satirique de Dulce Pinzon ainsi que la néo-bourgeoisie mexicaine mise en image par Daniela Rossel. J’essaierai de terminer sur le travail déroutant et bouleversant de la position de la femme sur la frontière mexicaine avec le regard de Maya Goded.

Le second article sera en lien avec le précédent car il abordera le miracle de la valise dite mexicaine. Ce sont plus de 4500 négatifs que l’on croyait définitivement perdus qui refont surface en proposant une nouvelle vision de la guerre d’Espagne par Robert Capa, David Seymour et Guera Taro qui sont entrés dans le panthéon photographique et précurseur d’un nouveau photojournalisme.

C’est sur un fond de trentième anniversaire que l’exposition du New York Times Magazine m’a littéralement passionné. C’est d’une main de maître que Kathy Ryan (directrice de la photo de l’hebdo depuis 25 ans) retrace les grands moments du magazine à travers de grands thèmes comme le 11 septembre ou le Koweit. Plus qu’une simple mise en avant, l’exposition m’a permis de comprendre pourquoi le « NYTM » était différent grâce à la force et au choix de ses images.

Comment ne pas aborder l’exposition déroutante  » From Here On ?  » Cette exposition réunit 36 personnes considérées comme les concepteurs numériques de demain. Autour d’un manifeste où Internet, vie privée, droits d’auteur est en combat perpétuel, les commissaires de cette exposition veulent interroger l’infinie possibilité créatrice que peut procurer Internet. Cette quatrième partie veut proposer une réflexion autour de la possible future photographie de demain.

L’article suivant proposera quelques expositions que j’ai appréciées comme le Collectif Tendance Floue pour ne citer qu’eux. Cet avant-dernier regard sera un pot pourri de coups de coeur personnels.

La dernière partie se veut multimédia pour en découvrir d’avantage sur cette édition des 42ème Rencontres Photographiques d’Arles. Entre émissions radios téléchargeables et documentaires vidéos, j’essaierai de vous proposer une compilation de petits suppléments intéressants.

Les différentes parties proposées dans ce dossier sur « Les Rencontres d’Arles 2011 »

L’année prochaine : vers les Rencontres d’Arles !

Entre passion, piquant, culturel et visuel, les Rencontres d’Arles se sont forgées avec leur 41ème édition une place incontournable sur la scène de la photographie mondiale.

Plus qu’une approche ou une découverte, c’est un véritable rendez-vous que nous propose chaque année les Rencontres d’Arles .  La majorité des photographes (passionnés, amateurs ou professionnels) ou les personnes sensibles à la force des images font route vers la ville d’Arles. Un pèlerinage annuel qui se confirme avec l’affluence grandissante de cette 41ème édition.

Festival photographique fondé en 1970, les Rencontres d’Arles s’appelaient à leur genèse « les Rencontres International de la Photographie d’Arles« .  Plus que de l’inédit, les Rencontres d’Arles ont eu la vision d’utiliser des lieux incongrus et patrimoniaux pour présenter les nombreuses expositions dans toute la ville.  Ancienne chapelle du XIIe ou friches industrielles du XIXe, la ville et son patrimoine s’ouvrent exclusivement au public lors de ce festival dédié à l’image.

Entre colloques, débats, expositions et formations photographiques, les Rencontres d »Arles semblent devenir le pôle de l’activité photographique européenne.  Cette édition 2010 a proposé 6 promenades thématiques.  Je vous invite à visionner le reportage ci-dessous réalisé par Artnet.fr. sur les Rencontres d’Arles 2010.


LES RENCONTRES D’ARLES 2010

« I’m a cliché ! » ou les seventies de l’underground

Entre puissance, mouvements des corps et concerts emblématiques, la photographe Sue Rynski était au festival annuel « Rencontres d’Arles 2010 » pour parler de l’exposition « I’m a cliché ! »

Cette année, le festival « Rencontres d’Arles 2010 » accueillait la photographe percutante Sue Rynski. Accompagné du commissaire d’exposition Emma Lavigne, la chaîne de télévision « Arte » propose un reportage très intéressant sur la série « I’m a cliché ! »

You are a cliché ?

L’exposition s’ouvre sur les portraits des membres de « Velvet Underground » filmés par la camera d’Andy Warhol et capturée par le photographe Stephen Shore . L’exposition ne va pas par quatre détours : l’ambiance générale est posée.  Série qui découle de l’esthétique liée au mouvement Punk, l’urgence, la liverté et la puissance sont mis en avant des les photographies proposées.

D’après Emma Lavigne (commissaire d’exposition) :  » … Nous sommes loin de la photo rock classique où les photographes sont soit backstage, coulisses en essayant de trouver le meilleur angle. Nous sommes loin des photographes qui vont attendre avec de longs temps de pause pour avoir le meilleur cliché. Ici ce qui intéressent les photographes, c’est de saisir l’instant… « 

Qui est la photographe Sue Rynski ?

Sue Rynski est reconnue comme une figure culte de la scène rock underground de Détroit à la fin des Seventies.  Elle fera ses armes avec le groupe rock « Destroy All Monsters ». Elle connaîtra l’effervescence du Bookie’s Club 870 et y élira domicile. Elle sera partout, sur scène, en coulisses, dans les loges.

Ses photographies délirantes traduiront la vitalité et la passion du mouvement musical de l’époque. Elle saisira Iggy Pop, Patti Smith, Ron Asheton, Sonic’s Rendezvous Band, Pere Ubu, The Dead Boys, Johnny Thunders… pour ne citer qu’eux.