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Documentaire sur Arte autour de la photographie argentique, du polaroid et de la relation au numérique

Le 19 Avril 2013, Arte diffuse dans l’émission « Xenius » ce documentaire bien complet sur la photographie argentique, le polaroid, ainsi que la comparaison avec le numérique.

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Une conclusion en duo sur les films Polaroid de Impossible Project

Avant propos

Ce dernier article se veut être une conclusion en deux parties. En effet, deux avis y seront exposés : le mien et celui du photographe Lionel Lesaffre. L’objectif visé est de mettre en avant nos retours d’expérience. Nos ressentis sont personnels. Nous voulons préciser que nous ne sommes ni des défenseurs et ni des détracteurs de ce procédé mais il est amusant de recouper deux témoignages pour vous permettre d’aborder dans un premier regard ce média à la mode.

Impossible Polaroid Project ?

Pour ceux qui ont lu l’article précédent, je citais quelques forces et faiblesses du film Polaroid Px 70 Color Shade Push! Voici un un résumé en 7 points de l’avis que je me suis forgé sur ce type de film.

Les +

  1. Le charme du procédé
  2. La manipulation créative
  3. Avoir eu l’audace de faire renaître ce mythe de la photographie

Les – :

  1. Trop grande sensibilité à la lumière lors du développement
  2. Les rendus sont vraiment aléatoires et l’instabilité des chimies. Le virage vert après conservation.
  3. La finition des bords qui est à revoir
  4. La conservation et la pérennité des films « réussis »

Alors il convient que les manipulations proposées par la firme pour protéger les films de la lumière ont été effectuées lors des prises de vue. Résultat : 4 photographies sur 16 ont donné un résultat médiocre. Les 75 % restants sont inexploitables après 3 semaines enfermés dans une boîte à l’abri de la lumière.

L’instabilité des chimies se traduit par un virage complet des blancs en vert. Pour ma part, cela est inadmissible au vu des prix pratiqués : 2,50 € / la photographie.

Je suis très déçu des résultats sur le film couleur dédié au Polaroid SX 70 malgré un engouement personnel face à ce type de média.

J’ai appliqué chaque recommandation à la lettre pour chaque développement instantané. J’ai essayé divers moyen pour empêcher les films de prendre la lumière à cause de leur grande sensibilité : carton attaché à la sortie des films, protection et mise en poche, retournement sur la table,…

Mon avis est donc pour le moment négatif face à ce type de produit qui surfe sur la vague d’une mode qui va décroître. L’initiative n’en reste pas moins louable mais la longévité du procédé devra passer par une meilleure stabilité des produits. D’après mes nombreuses lectures, il semblerait que les films n&b soient un peu plus stables mais qu’ils tendent vers un jaunissement désagréable sans jamais être véritablement noir dans les basses lumières ou blanc dans les lumières surexposées.

Il est clair que l’engouement risque de disparaître pour les films de la firme hollandaise si une amélioration n’est pas effectuée rapidement.

L’avis de Lionel Lesaffre

Les photos choisies pour illustrer la conservation des films IMPOSSIBLE ont été choisies en fonction du changement de leur aspect, et pas vraiment en fonction de leurs critères « esthétiques » ou « photogéniques ».

Les granulations visibles ne sont pas dûes à des saletés présentes sur les rouleaux (que nous nettoyons entre chaque film), mais bien à l’émulsion. Notons que nous n’avons pas eu ces granulations sur toutes les poses du film testé.

D’après mon  expérience personnelle, ce sont surtout les différents films type 600 de chez IMPOSSIBLE qui sont les moins stables. J’ai suivi scrupuleusement les recommandations fournies  pour la conservation des photos, à savoir une boîte en carton type « boîte à chaussures » et des sachets de dessiccateurs à base de granules de silice.

Cliquez sur les photographies de Lionel Lesaffre pour les agrandir

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Le résultat est très loin d’être satisfaisant comme vous pouvez le constater, bien que le site de IMPOSSIBLE project prétende le contraire.

Je pense essayer une méthode de conservation semblable, mais en substituant les sachets de silice avec du chloride de calcium. En effet, ce dernier est un dessiccateur beaucoup plus puissant. En contrepartie, à cause de ses propriétés, je devrai alors « customiser » la boîte en carton en la compartimentant car lorsque le produit à conserver est en contact avec le chloride de calcium, il s’abîme et devient mouillé en permanence.

Enfin, ces conseils de conservation ne dispense pas d’une numérisation rapide de vos photos, afin de garder une trace – même numérique – de vos instantanés !

Pour finir cette brève conclusion sur les films Polaroid Impossible Project

Gardez à l’esprit que nos tests proposés ne regardent que Lionel Lesaffre et moi-même. Nous vous invitons à tester par vous-mêmes et à expérimenter ces nouvelles chimies. Il faut également prendre conscience que l’instabilité ne signifie pas incompatibilité. Les rendus peuvent s’insérer dans votre démarche personnelle.

Je vous invite également à consulter le site Polaroid Passion qui est une mine d’informations sur les procédés Polaroid. Une communauté de passionnés s’est greffé naturellement autour de ce site.

Je remercie Lionel Lesaffre pour son retour d’expérience qui a agrémenté cette brève conclusion qui clôture ce dossier en 5 parties.

Les différentes parties proposées dans ce dossier

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Avis sur les films Polaroid Px 70 Color Shade Push! (Partie 3)

Px 70 Color Shade Push!

Dans cette courte partie, je vais aborder le film couleur « Px 70 Color Shade Push! ». En effet, c’est le seul, pour le moment, que j’ai eu la chance de tester et de prendre en main.

L’objectif est de comprendre un peu ce qui se cache derrière ce film instantané tout en gardant à l’esprit que cela ne reste que mon impression face à ce produit. Evidemment, les avis divergent entre grands défenseurs, détracteurs ou les photographes sans position déterminée.

Px 70 Color Shade Push!

C’est un film couleur de deuxième génération. Le premier portant le même nom en intégrant le terme « First » dans sa nomination.

Ce produit ne s’utilise qu’avec les appareils de type Sx 70. Ce film est de 100 iso et est pensé pour la lumière du jour. Mes essais se sont vraiment révélés en plein soleil pour ma part mais en parcourant des sites spécialisés, vous découvrirez qu’il est tout à fait possible de l’utiliser en intérieur. Le temps de développement varie entre 4 et 10 minutes pour que la photographie puisse se révéler.

Le film est recouvert d’une couche de protection de couleur bleue. Celle-ci disparaîtra lors du développement du film. Il est impératif de bien protéger le film de la lumière à sa sortie. Sa sensibilité est très élevée. Ce point est extrêmement important, ne l’oubliez pas !

Les responsables d’Impossible Project précisent, avec raison, qu’après le développement, la photographie continuera à évoluer. Ce changement fait partie intégrante du procédé chimique et la stabilisation sera effectivement après plusieurs jours.

Plus en avant dans la réflexion autour de ce film Polaroid

Film Px 70 avec le logo de sa cassette

Mon avis personnel est très mitigé sur ce produit. Il est clair que quelque soit la gamme (couleur ou n&b), un temps d’adaptation est recommandé dans la prise de vue et la gestion du film. Il est clair qu’une certaine aisance arrivera après avoir utilisé un ou deux packs de films. Sachez que l’apprentissage coûte cher (!) à la vue des prix pratiqués par Impossible Project.

Si la reproduction fidèle de la réalité vous intéresse, je ne pense pas que ces films Polaroid de nouvelle génération soient faits pour vous. Nous sommes loin de la qualité des véritables films instantanés de Polaroid et vous risquez d’être déçus lors de vos premiers clichés.

Le charme du procédé instantané, la manipulation créative et le fait d’avoir fait renaître le mythe du « Pola » sont les points forts de ce produit que je voudrais mettre en avant. La grande sensibilité à la lumière lors du développement, le rendu très aléatoire, le prix (2,50 € par photo) et la finition des bords blancs sont les points faibles des films Impossible pour le moment.

Les rendus aléatoires font-ils la force du Px 70 ?

Le film de protection n’étant pas totalement opaque, il n’est pas du tout évident de photographier en plein soleil. Le site officiel propose des astuces pour essayer d’éviter ce soucis mais pour ma part, une grande partie de mes photographies ont été voilées.

La manipulation du rendu est difficilement contrôlable. Je peux essayer évidemment de chauffer davantage certaines zones de l’image en la mettant sous mon pull mais cela n’est pas toujours suffisant. Il est également conseillé d’éviter la pression sur les films car la chimie peut baver ou les couches se mélanger.

Alors concrètement qu’elle est la conclusion finale ? Je ne veux pas prendre un parti précis en sachant que je n’ai pas assez d’expérience dans le domaine du Polaroid. Par contre, il me semble clair que les films ne sont pas encore au point.

La chimie utilisée reste complexe et les rendus sont aléatoires. Ceux-ci sont dans l’ère du temps avec les rendus de l’iphonographie ou de la lomographie mais est-ce assez pour permettre une démarche photographique dans le long terme ?

Visitez le site d’Impossible Project pour en savoir plus sur les gammes de produits.

Les différentes parties proposées dans ce dossier

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Impossible Project ou la renaissance des films Polaroid (Partie 1)

Dans l'usine - Impossible Project

En octobre 2008, un constat interpelant est mis en avant : l’intérêt des produits photographiques du Polaroid est constant et la demande est croissante. Ce qui pourrait sembler une bonne nouvelle pour ce type de procédé déchante lorsque que l’on apprend en parallèle la fermeture de la dernière usine de production de films Polaroid à Enschede aux Pays-Bas.

Le Polaroid n’est pourtant pas mort car trois hommes décident de se lancer dans le projet un peu fou de sauver l’usine et de relancer la production des films. Sauvé d’une mort certaine, ce média photographique vit un miracle dirigé par une poignée de passionnés. Polaroid n’a donc pas connu la triste de fin du Kodachrome qui s’est éteint malheureusement en décembre 2010.

Ce sauvetage est né d’une idée de Florian Caps. Il dirige un réseau de vente en ligne dont le crédo est majoritairement la vente de ce type de film. L’annonce de la fermeture imminente de l’usine de Enschede lui assure donc un avenir bien sombre en terme financier. Deux solutions se posent : mettre la clef sous la porte ou oser un projet totalement fou.

Nous avons rapidement convenu qu’il y avait une formidable opportunité de marché pour un nouveau film instantané.

L'usine de Impossible Project au Polaroid

Quelques semaines plus tard, Florian Caps prend connaissance avec André Bosman qui est le responsable de la production des films Polaroid. Tout est intact dans l’usine et la chaine de production est en bon état. Ils s’associent au troisième homme qui porte le nom de Marwan Saba dont les compétences tournent autour du développement financier. Le triangle est donc formé autour : du savoir-faire, de la passion et de la gestion financière.

« The Impossible Project » est né rapidement et un nouveau souffle prend vie à Enschede aux Pays-Bas. Certains diront qu’ils sont fous et d’autres crient à la victoire mais le nuage qui plane actuellement au-dessus de cette usine est clairement guidé par la passion, la clairvoyance, la folie, le doute et l’incertitude.

L’usine Polaroid a une superficie de 14000 m² et nos trois compères ont signé un bail pour 10 ans. Dix années pour prouver au monde photographique que le Polaroid existe toujours et continue d’innover. Les objectifs ne tournent pas seulement autour de la perpétuation des films instantanés mais bien d’innover les gammes existantes avec le savoir-faire et les matériaux contemporains.

Le défi est de taille car les composants passés ne sont pas tous encore fabriqués. Les normes environnementales ont changé en Europe, des produits n’existent plus et certains anciens procédés sont protégés par des brevets. La modernisation est donc obligatoire pour passer de l’état de chimie expérimentale à une solution qualitative en terme de rendu mais également financier pour Florian Caps, André Bosman et Marwan Saba.

C’est en mars 2010 que la firme « Impossible Project » annonce la sortie de son premier film monochrome portant le doux nom de « Silver Shade ». Celui-ci est réalisé avec 31 composants inédits. En Juillet 2010, des versions expérimentales couleurs sortent. Une version stable est disponible à ce jour. Cela n’exclut en rien l’amélioration des produits par la firme qui continue son travail et propose de nouvelles chimies. En effet, en juin 2011, la société proposera sur le marché une nouvelle émulsion du nom de « PX 680 color film ». Tout un programme donc !

Le phénomène du Polaroid est en pleine explosion depuis plusieurs années. En effet, les passionnés, les « people » ou les curieux de l’instantané sont de plus en plus nombreux et viennent rejoindre les rangs des irréductibles du Polaroid.

Seul le prix peut devenir un frein car nous verrons que les premières années de vie « The Impossible Project » reste un produit de luxe photographique en ce qui concerne l’achat des films mais cela est une autre histoire.

L'usine de "Impossible Project"

Article paru dans The New York Times par – Mardi 21 juillet 2009 / Traduction sur le site de Polaroid-passion.com

After Polaroid, Keeping Instant Photography Alive

En Juin 2008, lorsque l’usine de film Polaroid dans la ville néerlandaise d’Enschede ferma ses portes, cela sentait la fin pour l’une des innovations les plus ingénieuses et emblématique du 20e siècle.

Presque 60 ans après que l’inventeur américain Edwin H. Land ait vendu le premier Polaroid 95, à Boston en Novembre 1948, l’entreprise Polaroid ferma définitivement la production de films Polaroid. A ce moment là, la demande était encore relativement élevée – l’usine produisait encore 30 millions de films en 2007 et 24 millions au premier semestre de 2008, mais l’usine avait utilisé tout son budget, les composants chimiques nécessaires pour fabriquer son célèbre film instantané, et la décision de Polaroid de passer au numérique signifia qu’il était temps d’arrêter. Mais les stocks de film ne dureront pas longtemps et l’appareil photo Polaroid – l’appareil le plus populaire au monde, avec environ 1 milliard de vente – pourrait au final ne faire partie que du passé…

Quand l'impossible devient possible

Deux hommes, qui assistèrent à la cérémonie de clôture de l’usine avaient d’autres idées. Florian Kaps, un entrepreneur autrichien enthousiaste, et André Bosman, jusque-là le directeur de l’ingénierie de l’usine d’Enschede, se sont rencontrés par hasard lors de cette journée fatidique. Ensemble, ils ont décidé de trouver un moyen de ramener la photographie instantanée à la vie.
« Nous avons rapidement convenu qu’il y avait une formidable opportunité de marché pour un nouveau film instantané », se souvient Kaps, qui a changé de voie après l’obtention d’un doctorat de biologie pour ensuite rentrer dans le monde de la photographie. D’abord, il a travaillé comme cadre supérieur auprès de la Société Lomography, fondée à Vienne en 1992 pour relancer la production de l’appareil Russe, le Lomo, un boitier très basique qui a conquis quelques bobos de l’ouest après la chute du mur de Berlin.

Puis, il y a quatre ans, Kaps est tombé amoureux du Polaroid et a fondé une entreprise spécialisée dans la vente de matériel photographique instantané : Polapremium (anciennement Unsaleable). En partenariat officiel avec Polaroid, la société vend ses produits par l’intermédiaire du site web Polapremium.com, où les amateurs peuvent acheter appareils photos, accessoires et films Polaroid souvent introuvables.

En octobre 2008, Kaps, 39 ans, et Bosman, 55 ans, ont reçu 2,6 millions de dollars de capitaux privés et ont commencé ce qu’ils ont affectueusement appelé The Impossible Project, en vue de réinventer le traditionnel film polaroid. Ils ont fondé une société nommée Impossible, ont loué un petit bâtiment sur le site de l’usine Enschede, des machines de production et engagé neuf ex-employés de Polaroid afin de proposer de nouveaux films en noir et blanc et en couleur. Les nouveaux films auraient des caractéristiques uniques, mais tout en conservant le meilleur des films Polaroid, comme la forme carrée, le cadre blanc et l’odeur familière de la chimie. Depuis, l’impossible est devenu le très probable. « Il y a deux semaines, nous avons franchi cinq étapes importantes, raconte Kaps. Nous avons maintenant prouvé que c’était possible. »

Encore au stade expérimental, les photos instantanées d’Impossible ont un look qui rappelle les débuts de la photographie, « mais cela fera partie de leur charme », dit Kaps. Bien que la société soit toujours en négociation avec Polaroid sur l’utilisation du nom Polaroid, il leur a été permis de faire des films qui fonctionneront dans les appareils photo Polaroid. La production de film noir et blanc commencera fin octobre 2009, et si tout se passe comme prévu, devrait être disponible en masse pour Noël, « avant que les gens commencent à jeter leurs vieux appareils photo Polaroid », explique Kaps.

En 2010, la version couleur devrait arriver sur les étagères, le but d’Impossible étant de vendre 1 million de nouveaux films, dont les prix sont susceptibles de varier de 16€ à 20€ pour un film de 8 photos. La société prévoit que la demande dans le monde entier finisse par atteindre les 10 millions de films par an.

Polaroid passion est le site communautaire de l'instantané

S’appuyant sur son empire naissant, Kaps gère également Polanoid.net, la plus grande communauté Polaroid, et la galerie Polanoir à Vienne. Florian Kaps prévoit qu’un nouvel appareil photo instantané arrive sur le marché en 2010, qui sera construit par un partenaire (il ne veut pas révéler le nom). « Ce sera un appareil de qualité qui ne sera pas produit en masse, avec une bonne optique et une mise au point manuelle » dit Kaps.

Malgré la dominance du numérique, Kaps voit un avenir brillant pour la photographie ancienne. « De plus en plus de gens redécouvre la fascination du Polaroid » dit-il. Ils cherchent l’aventure analogique. Juste le fait d’ouvrir un film et de sentir l’odeur procurent une certaine sensualité. Et les photos ont une certaine valeur, à la différence des images numériques, où l’on prend 10.000 images d’un même événement.

Et il semble qu’il y ait encore un marché pour des photos instantanées. « Les appareils photo Polaroid et les films deviennent de plus en plus populaires auprès de nos clients, et nous avons été déçus lorsque nous avons découvert l’année dernière que Polaroid allait cesser la fabrication du film », dit John Buckle, directeur de librairie Photographers Gallery, à Londres. « Les gens aiment le look des photos Polaroid. Elles ont un look rétro avec de belles couleurs qui n’ont aucune comparaison avec le regard souvent fade de la photographie numérique. Les images instantanées sont aussi sociables, prévoyant le partage d’une photographie réelle plutôt qu’une simple petite image sur un écran. »

Jusqu’à présent, The Impossible Project a été accueilli avec enthousiasme par les fans de Polaroid, photographes d’art et les médias internationaux. « C’est incroyable », dit Kaps. « Si nous réussissons, cela offrira de belles perspectives. Nous ne sommes pas un projet artistique, ou une aventure de fous, nous voulons être une entreprise prospère pendant au moins 10 ans. »

Une photographie avec un Polaroid Sx 70 à visée reflex

Les différentes parties proposées dans ce dossier

L’instant Polaroid ou le pari « The Impossible Project » – Introduction

Polaroid SX-70 - FadeToBlack / Frenchcockpit

Cette série de plusieurs articles se veut avant tout une prise de conscience autour du phénomène des films instantanés et plus particulièrement autour du Polaroid.

On en parle de plus en plus, l’ère du temps est propice à la mode « vintage ». C’est dans ce magma sociétaire qui s’étend sur des années et du cyclisme de la mode qu’est ressorti dans le secteur photographique la folie des films instantanés.

Bien que sous-jacent et porté par une poignée d’irréductibles, la mort annoncée en 2008 par la fermeture de la dernière usine de production des films instantanés a poussé trois hommes à racheter la dernière chaîne de montage et relancer le processus de fabrication à l’aide des anciens ingénieurs travaillant dans ce lieu.

Avant d’aller plus loin, il convient de signaler que je ne suis pas un fanatique de ce procédé. J’ai toujours suivi les états de vie des films instantanés mais depuis quelques temps, je m’intéresse à ce procédé en terme de rendu, de retour aux sources, de dégagement du numérique teinté de curiosité. Mais comme bon consommateur, je me suis lancé dans cette aventure de l’instantané et profiterai de cette série d’articles pour en parler en partageant ma maigre expérience autour de ce système photographique.

Un peu flou - Dos

Le premier article traitera immanquablement de la renaissance des films Polaroid avec le projet un peu fou de « Impossible Project ». Il me semble important d’en parler pour comprendre d’où peut provenir cette renaissance et en quoi celle-ci est magique.

Si la curiosité est venue frapper à votre porte à la suite de l’article précédent, j’essaierai de présenter les 3 types d’appareils compatibles aux nouveaux produits expérimentaux proposés sur le marché.

La troisième partie tournera autour des films « Impossible Project » eux-mêmes. J’essaierai de ne prendre aucun parti pris tout en relayant mes observations et mes lectures. L’objectif est d’appréhender un peu ce qui se cache derrière ces nouveaux types de produits. Evidemment, je ne parlerai des films que j’ai testés et survolerai ceux que je n’ai pas utilisés par mes soins.

La dernière partie sera un peu plus pratique et mettra en avant des essais personnels que j’ai envie de partager avec vous. Le but visé reste le partage de mes erreurs, de mes réussites et de mes questionnements. L’enrichissement sera double : l’échange et la mise en mots d’une démarche.

Pour ceux qui connaissent ma manière de travailler, je vais essayer d’être simple, direct, hésitant tout en gardant à l’esprit que ce que je vous propose ne reste qu’une première approche et une opinion personnelle. Il est certain que tout comme chaque dossier que je vous présente, cela n’est qu’un regard parmi des milliers d’autres. Voyez ces articles comme un commencement dans vos recherches et non une fin.

Les différentes parties proposées dans ce dossier

Le Polaroid est mort et pourtant n’a jamais été aussi présent

Le Polaroid est bien enterré mais il n’a jamais été aussi à la mode ! Sa rareté et son côté rétro font de lui un appareil de légende soumis à toutes les convoitises.

La photographie instantanée s’est révélée avec le Polaroïd et non avec la venue de la photographie numérique.  Pour les profanes, le Polaroïd dit « Le Pola » est un appareil qui recrachait les photographies directement une fois le cliché effectué.  En un clic, une photographie au format carré (avec des bords blancs) sortait de l’appareil en quelques secondes.  Le cliché pouvait donc être donné directement au modèle par exemple.  Un système révolutionnaire pour l’époque !

Le Polaroid est une photo sans témoin, qui ne transite plus par un laboratoire de développement.  L’appareil est devenu le fer de lance du verbe « Oser ».  On ose photographier sa petite amie nue sur le lit dans une position coquine. On enregistre tout, une assiette, un coin de chambre, le tombé d’un rideau dans un rayon de soleil. Certains se sont mis à aimer les photos ratées aux couleurs voilées.  Des collectionneurs se sont rués vers ces petits sésames en papier.  C’est le procédé de la rapidité et la liberté personnelle.

Le Polaroïd, toute une histoire !

Tout commence en 1948 avec un scientifique américain du  nom de Edwin Land qui l’ingénieuse idée de sensibiliser et de développer le film à l’intérieur de l’appareil lui-même. La petite histoire veut que la fille du scientifique, prise en photo par son papa un soir de Noël, lui demande pourquoi elle ne peut pas avoir sa photographie tout de suite. Il faudra attendre 5 années pour rendre le processus viable.

Il reprend donc la base même de la photographie argentique et du labo au sein de sa machine portative.  La première génération du « Pola » mit une minute pour sensibiliser, révéler et fixer le cliché sur le papier.  Exclusivement monochrome, c’est en 1968 que le système s’adapte au film en couleur (Polacolor).

Le photographe de mode, Paolo Roversi se souvient avec émotion de sa rencontre avec un enfant indien sur la route de Bénarès. « Je n’oublierai jamais son expression. Il n’aurait pas été plus étonné s’il m’avait vu marcher sur les eaux du Gange, ou descendre d’un vaisseau spatial. Je l’avais simplement photographié en Polaroid . »

Malgré la popularité du concept, l’entreprise met la clef sous la porte en 2008.  A l’heure actuelle, les derniers stocks de film se vendent à des prix d’or car ils deviennent très rares et la presque totalité des stocks se sont écoulés en 2009.

Oliviero Toscani (Italie), « Andy avec un appareil photographique », 1975. Tous les polaroïd présentés dans cette page sont exposés à Arles dans « Polaroïd en péril » – Courtesy The Polaroid Collections / Musée de l’Elysée, Lausanne

C’est dans sa mort que le Polaroïd argentique se fait une nouvelle vie

La rareté et la complexité de se procurer le matériel pour faire fonctionner son Polaroïd a transformé l’avenir de l’appareil. Il devient un effet de mode pour les artistes et les gens fortunés qui dépensent des sommes folles pour en faire quelques clichés.  La mort du Polaroïd en a fait un objet de tendance et à la mode.  La venue du Polaroïd au format numérique ne prend pas et la nostalgie de l’argentique se fait ressentir chez les artistes.

Avec ce regain d’intérêt, la célèbre marque a officialisé le lancement d’une nouvelle ligne de Polaroïd sous la houlette de Lady Gaga, chanteuse provocatrice et en vogue.  De l’autre côté du monde, aux Pays-Bas, une équipe de passionnés a racheté la première usine de Polaroïd et relance la production de films sous le nom de « The Impossible Project« .